Mon premier article de blog

Qu’est-ce qu’un fictionnaire ?

Le fictionnaire est jusque-là défini comme « un dictionnaire aux définitions ironiques et amusantes, et présentant parfois des mots inventés ».

            Intéressante, cette définition n’en demeure pas moins très limitée puisque réservée au seul objet, qu’il soit papier ou numérique. La substance inanimée, en somme. J’aimerais tirer ce terme du côté du sujet, étendre son champ sémantique, l’animer (de très bonnes intentions, évidemment).

            Alors voilà, ici le fictionnaire sera un être, beaucoup plus proche de l’humain que du pied de lampe. Ceci étant fait, voyons maintenant ce qui le caractérise.

Sa principale qualité est liée à ce qui précède le suffixe aire, à savoir la fiction. Attention : ce n’est pas un être de fiction, mais un être dont l’essence est de faire, de produire de la fiction. Et j’ajouterais : qui crée de la fiction afin de pouvoir y pantoufler à son aise-cet ajout n’engage que moi et mon intuition, mais après tout, c’est ma définition.

            Il se distingue ainsi du fonctionnaire (qui aime parfois pantoufler mais dans d’autres sphères, en général plus rémunératrices), du visionnaire (qui voit plus loin que le bout de mon nez), du dictionnaire, donc (qui a la page exhaustive et le verbe latin), du missionnaire (qui a une position  étonnante) et du caribou (qui n’a strictement aucun rapport avec le sujet).

            Une fiction, dit le petit Robert, est une construction, une création de l’imagination. En fait, une histoire fondée plus souvent sur des faits imaginaires que des faits réels- « plus souvent », car on n’exclue pas totalement le fait réel de la fiction (j’y reviendrai).

            Un fictionnaire est donc une personne qui invente des histoires sans éprouver la moindre culpabilité. Avant de lui jeter la pierre, il faut quand même préciser qu’il n’y a rien ici de pathologique. Un fictionnaire n’est pas un mythomane, il ne croit pas aux histoires qu’il invente et annonce toujours la couleur, en général sous forme de livre ou en tous cas de texte– il sait pertinemment que les histoires et personnages sortent tout droit de son imagination.

            L’imagination est par ailleurs l’outil essentiel du fictionnaire, sans lequel il ne peut s’activer et produire son histoire. Sans imagination, le fictionnaire ne serait certainement qu’un écrivain comme les autres, c’est-à-dire arc-bouté sur le fait réel (c’est la distinction fondamentale entre l’écrivain et le fictionnaire, mais j’y reviendrai-je précise néanmoins que le fictionnaire et l’écrivain présentent d’étranges similitudes, comme une certaine obsession du papier à noircir et un goût immodéré pour l’élément typographique).

« Soyez vous-même, les autres sont déjà pris. »

— Oscar Wilde.

Cet article est le tout premier que je publie sur mon nouveau blog. Je viens juste de lui donner vie, restez à l’affût pour la suite. Abonnez-vous ci-après pour rester informé des mises à jour.

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